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Il n’aura échappé à personne que la situation à Hong Kong est quelque peu tendue actuellement. Et pour ceux qui seraient en train de dormir au fond de la classe, collés au radiateur, petit résumé rapide. Depuis plusieurs mois déjà, des milliers de Hongkongais envahissent les rues et manifestent pour leur indépendance vis à vis de la Chine.

Il faut dire que Hong Kong est un territoire spécial, qui sur le papier est un territoire indépendant. Dans les événements sportifs par exemple, les athlètes évoluent sous leur propre drapeau et représentent leur pays. Mais dans les faits, Hong Kong est depuis 1997 semi-autonome sous le contrôle de la Chine. Et par semi-autonome, entendez qu’un gouvernement est élu – par Pékin – pour gérer la région et les intérêts chinois. Avec bien évidemment tout ce que cela entraîne niveau restriction des libertés.

Une situation complexe donc, qui ne saurait être résumée en quelques lignes. Si vous voulez tout comprendre à ce sujet, cette vidéo saura vous éclairer. Et si vous ne deviez retenir qu’une chose : depuis plusieurs mois, près d’un hongkongais sur 7 est présent dans les rues pour manifester et résister à l’autorité chinoise. Pendant que la Chine fait la sourde oreille, et demande à la communauté internationale de la laisser gérer ses affaires en paix.

C’est dans ce contexte tendu que notre histoire du jour intervient. Le joueur hongkongais blitzchung terminait le week-end dernier la deuxième saison des GrandMasters Asie-Pacifique. Avec 6 victoires pour 8 défaites, il évitait même la relégation et conservait sa place pour l’année prochaine. Pendant son interview de fin de match, il apparaît masqué et annonce son soutien à Hong Kong et la révolution. Ce qui n’a vraiment, mais vraiment pas plu à Blizzard.

En moins de quelques heures, la vidéo de son passage était supprimée des VODs de Twitch. Pourquoi ? C’est simple, la Chine représente un énorme marché pour tous les jeux vidéo. Et pour pouvoir en profiter, il faut rester dans les bonnes grâces de l’état. Soutenir une révolution opposée à ce régime est donc hors de question. Mieux vaut faire tout son contraire. C’est pourquoi Blizzard n’a pas attendu pour sévir. blitzchung est exclu des GrandMasters, voit son cashprize révoqué, et est banni un an de toute compétition sur Hearthstone. Et les casters l’ayant interviewé sont renvoyés immédiatement.

Un peu sévère ? Évidemment. Mais malheureusement, l’éditeur est dans son bon droit. Tous les joueurs des GrandMasters ont signé le règlement officiel de la compétition. Où l’on retrouve, à la section 6.1, un passage que l’on pourrait résumer ainsi :

Se livrer à tout acte qui, à la seule discrétion de Blizzard, vous apporte du discrédit en public, offense une portion ou un groupe du public, ou nuit à l’image de Blizzard résultera en un renvoi des Grandmasters et une réduction du cashprize du joueur à 0$, en plus d’autres sanctions qui pourront être prises en accord avec le règlement de Blizzard.

Alors quand on sait que le marché chinois est vital pour Blizzard, l’éditeur n’a pas hésité une seule seconde. Avant tout de même d’affirmer qu’il soutient la liberté d’expression de ses joueurs, tant qu’ils ne le font pas pendant ses tournois.

Et la communauté dans tout ça ? Comme l’on pouvait s’y attendre, elle a pris la chose très à cœur. Si le pendant chinois est évidemment ravi de cette décision, du côté Occidental cela a beaucoup plus de mal à passer. De nombreux messages appelant au boycott des jeux Blizzard apparaissent, demandant des comptes au géant américain. Mais ce léger remous n’a que peu de chances d’aboutir à quelque chose de plus grand. Comparé au marché asiatique, un pan de la communauté – tout aussi remonté soit-il – n’a que peu de valeur aux yeux de Blizzard.

1 COMMENTAIRE

  1. Boycotter l’éditeur ne représente aucun sacrifice, aucune difficulté, ni aucun engagement pour les joueurs occidentaux. Par contre, s’interdire tous les produits fabriqués en Chine continentale serait plus cohérent, mais est-ce vraiment possible ? Nos outils numériques, électroniques, électroménagers contiennent des éléments « made in China », sans parler de l’industrie de l’habillement, pharmaceutique, etc…. Faut-il regretter cette situation de dépendance vis-à-vis de cette super puissance ? Sans aucun doute…le plus grave peut-être ne reside-t-il pas dans l’indifférence largement majoritaire des citoyens de Chine continentale envers les valeurs démocratiques dont ils continuent d’être privés ?

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