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L’esport Dofus de retour en force et en LAN avec le KTA

Fin novembre, la LAN du KTA rassemblant joueurs PvP et PvM. Pour l'occasion, la rédaction revient sur le bilan de l'esport Dofus en 2021.

L’esport Dofus de retour en force et en LAN avec le KTA

Depuis 2018, le PvP sur Dofus a considérablement évolué. Si la contribution des ligues en Kolizéum reste un débat, c’est bien le KTA qui a permis son développement, poursuivant l’esprit esport initié avec les DWS. En 2021, la ce dernier passe un nouveau cap et propose sa propre LAN Dofus, célébrant à la fois sa compétition, mais aussi le jeu à part entière. La rédaction revient avec Midl et Shax, co-gérants de SMIZ, sur cet événement majeur pour le PvP Dofusien et la structure.

DOFUS PvP : Retour sur la LAN, l’Esport Dofus de retour en force avec le KTA

Cet article est un dossier proposant une mise en contexte de la LAN Dofus du 27 novembre 2021. Il se base notamment sur les différentes productions proposées sur place et via Twitch, ainsi que deux interviews des responsables de l’entreprise SMIZ. Pour retrouver la transcription complète des réponses données, vous pouvez suivre ce lien ou cliquer sur l’image ci-dessous.

Le PvP sur Dofus : Le saut vers le KTA

Dofus a fait un long chemin depuis les débuts du PvP compétitif, en 2009. À l’époque, les Goultarminators inauguraient alors la danse des tournois officiels. Pour la première fois, des centaines de joueurs répartis sur tous les serveurs se réunissaient. Un format 4v4 qui se liera avec l’évolution du jeu, qui l’abandonnera finalement en 2016, même année de fin du « Goulta » et également d’arrivée du Kolizéum Inter-Serveur, ou KIS.

Ce n’est cependant pas là que s’arrêtent les projets d’Ankama. Fomentées par Kylls, Chef de Projet esport, les Dofus World Series reprendront dès 2017. On pourra mentionner un court passage par la première Dofus Cup. Cette dernière était proposée en partenariat avec Eclypsia, signant aussi la première compétition officielle avec un cashprize, de 3000€. Même le Tournoi des 10 ans (2014) n’avait pu proposer un gain direct.

World Series : esport en approche

Les DWS regroupaient les équipes sur un serveur dit « Tournoi ». Déjà proposé par le passé, ce fonctionnement permet l’accès à tous les équipements du jeu (au-dessus du niveau 150, hors exceptions) et surtout une égalité totale entre les joueurs côté stuff. Seules les capacités PvP de Dofus pures seraient évaluées. Sans surprise, on retrouvait surtout des pseudonymes bien connus dans le haut du classement, formant pour le championnat final des équipes iconiques (Millenium, Out of Control, Allister Zoo). Un pari devenait alors évident côté Ankama : l’esport.

Le PvP a toujours été une activité annexe sur Dofus, rassemblant une mince communauté dans les Goultarminators et n’étant pas à son maximum via le Kolizéum, à l’époque sans ligues. Face à l’émergence de compétitions en tout genre dans le monde du jeu-vidéo, Ankama prend cependant une décision. L’entreprise constitue un challenge ; celui de créer un circuit à portée esportive, centré autour d’équipes. Qui dit risque, dit aussi investissement, et celui apparaît très tôt avec la production et le cashprize de 60.000€, en partie financé par les joueurs via la boutique (mise en vente d’apparats à l’effigie des équipes, panoplies).

Ligues, KTA et Tournois

En parallèle, des ligues PvP arrivent en jeu avec la mise à jour 2.48. C’est un lien direct avec les DWS, apparaissant cependant un peu tard et permettant une certaine redirection du flux de joueurs attirés, pas forcément avec succès. Ankama pourra toutefois trouver un nouvel allié : le KTA. Ce dernier, déjà actif en proposant des séries de tournois, va désormais avoir un deuxième poids : celui des attentes communautaires côté esport suite à la fin des DWS.

En effet, début 2019, après uneperte de vitesse du format, la compétition s’arrête. L’avenir de l’esport Dofus est ainsi d’autant plus incertain que le début d’année voit le départ de Kylls, et que les ligues Kolizéum peinent à convaincre. Pour temporiser, Ankama annoncera l’arrivée de la Dofus Cup 2019 et un nouveau partenaire de gestion pour l’esport : le KTA.

L’esport Dofus se repose sur le KTA. Ce dernier a pris une place qui n’était pas du tout prévue à sa création. C’était en 2018 un complément aux DWS et maintenant en 2021, il les a remplacées. Il y a eu une transition très compliquée entre la fin de ces championnats et ce que l’on propose. […] C’était un retour en arrière, surtout en comparant à ce que l’on peut mettre en place avec nos moyens actuels.

Shax

Depuis 2019, la situation est restée relativement identique. Cependant, après une Dofus Cup aux retours très mitigés, le KTA a réussi à remplir le vide laissé par la fin des DWS. La structure subsiste avec une volonté de pérennisation dans le temps de l’esport PvP sur Dofus. En bref, aujourd’hui le KTA est géré par SMIZ. Il propose non seulement des tournois, mais aussi des ligues et saisons. Ces dernières se concluent par des championnats, réunissant les meilleures équipes du jeu.

Une LAN par le KTA, première pour Dofus

Pour l’instant, Dofus n’avait jamais connu une LAN organisée purement par une structure externe à Ankama. Certaines avaient déjà eu lieu avec Krosmaga, notamment via les Meltdown. Pour autant, en dehors des conventions et tournois, le MMO ne réunissait que rarement ses joueurs d’une telle façon et sous une telle quantité en simultané. Une première donc, avec ses propres enjeux, à laquelle s’ajoute la situation sanitaire.

Les séquelles de 2020 étaient présentes en 2021. Du moment où le gouvernement peut d’une simple décision annuler tout d’un trimestre à l’autre et annihiler complètement les organisations IRL, on ne pouvait pas préparer des démarches définitives trop tôt. C’est assez effrayant au niveau de la confiance.

Midl

Alors les courbes semblaient redescendre lors de l’annonce de l’événement, l’inverse fut observé à l’approche du Jour J. Si à l’écriture de cet article, aucun reconfinement n’est annoncé, il est difficile de dire si une telle LAN pourrait encore se tenir fin décembre. Dans tous les cas, cette organisation fut concluante, permettant à la fois de faire jouer 80 Dofusiens en préface de la finale des Dofus Masters.

Perturbations techniques et mise en place

En effet, une erreur de connexion dans les premières heures est venue troubler les plans de l’organisation. Pour être plus technique, l’IP du lieu comptait comme une seule et les systèmes de détection du jeu pensaient ainsi avoir affaire à une salle de bots. Si le problème géré par l’astreinte d’Ankama et l’équipe sur place, le Nozathon fut en conséquence retardé. Sa durée a aussi été réduite pour éviter d’empiéter sur le timing serré de la finale des Masters. Heureusement, le format proposé par Nozadah permettait une certaine flexibilité, compressant au maximum les festivités.

Par ailleurs, pour en revenir sur cette partie de l’événement en elle-même, l’alliance entre Dofus Masters et Nozathon peut ne pas paraître évidente. Cependant, c’était tout l’objectif selon Shax ; « On a toujours vendu une LAN Dofus 2021, jamais Dofus Masters. Le but était un événement pour la plus grande partie du Dofus Game« . Cette idée est complétée par Midl « Nozadah reste très influent dans la communauté […]. On pouvait en plus faire se rapprocher 2 pans de la communauté, PvM avec les streamers et PvP« .

Nozathon : Comment lier la salle et Twitch

Finalement, le format proposé a globalement plu. L’aspect LAN, dans un premier temps, a pu réunir des joueurs de tous horizons en une seule salle avec des influenceurs connus, pas forcément PvP. Mieux, il semblerait qu’exceptionnellement, le gameplay de Dofus ait semblé être « dynamique« . C’est un reproche courant quand on parle du MMO mais qui ici a su s’effacer. Est-ce dû au rétrécissement de la durée ou un effet direct du Nozathon ? Cela reste encore à déterminer, et surtout à reproduire. Cet effet se ressentira également dans un second temps avec le stream proposé.

Toute la LAN a été retransmise en direct sur la chaîne de la KTV. Pour le Nozathon, les influenceurs jouaient aussi en direct avec un groupe de lives en parallèle, permettant une visibilité efficace pour les spectateurs. Cependant, le gros problème majeur de cet événement a ainsi plus facilement pu être pointé du doigt par les joueurs : la constitution des équipes.

Logan répondant aux questions de Nozadah

Si certaines ont été assemblées par l’aléatoire, ce n’était pas le cas de toutes et des disparités sont rapidement apparues. C’est donc finalement assez naturellement que l’équipe de Pro-Team s’est illustrée, notamment composée de Darkfeudala, Ghostounet ou Tweaps. Elle maintiendra une première place tout le long, avec une avance très confortable de 9 points par rapport aux seconds (Huz et Kocomen).

Il n’en reste pas moins que la proposition de base du stream reste très convaincante et montre une certaine réussite du PvM « de show« . L’animation fut également de qualité, autant au niveau de la présentation que du suivi en lui-même. On pourra notamment mentionner quelques invités surprises, comme Logan, Producer de Dofus, offrant un débrief exclusif de la Krosmonote 2021.

Au sommet des Dofus Masters

Pour repasser du côté PvP, le Nozathon a directement laissé place aux finales des Dofus Masters. Compétition s’affichant comme la conclusion de 2021 pour le KTA, l’enjeu était là pour les deux équipes, Poliabyss et Steinway Gate. Toute l’année, les équipes ont pu se qualifier pour ce tournoi en particulier. Ce dernier avait été annoncé dès le début de l’année, en janvier, concluant les Qualifiers, Tournaments et la Dofus World Cup.

A la fin, il n’en restait que le BO3 entre les deux équipes finalistes, après un circuit très similaire aux worlds selon Shax. « Pour les Masters, le format global est très efficace. C’est plus ou moins le même que les Worlds de LoL avec 4 poules de 4 et quarts de finale jusqu’à la fin.« 

Durant cette soirée, 4 matchs eurent lieu, donnant Steinway gagnants 3 à 1. Dès le début, l’événement fait mouche et touche un large public Dofusien, avec une moyenne d’audience à 3000 viewers. Un chiffre assez élevé quand il est normalisé sur les précédents événements de ce type, côté organisateur externe. Ankama reste sur ce sujet dominant, avec plus d’une dizaine de milliers de spectateurs pour les DWS. Un coup de pouce essentiel est aussi régulièrement donné par l’équipe Dofus via les annonces d’événement esport en jeu.

Une mise en avant du PvP et du KTA

Pour l’occasion, la KTV revêt une nouvelle couverture. Fini le thème Krosmoz, l’heure est aux dorures dans un nouvel overlay et une présentation par un duo Midl/Proto. Les habitués retrouveront les personnalités habituels au cast, commentant au fil de l’année les matchs PvP sur la KTV ou le GorafusLive. Cémentant encore une fois la relation Ankama&KTA, Crocus, game designer, s’est aussi prêté au jeu en compagnie de Pika-gui. Si cet exercice est fréquent pour les tournois officiels ou les soirées spéciales, sa présence restait notable pour l’événement, sans pour autant laisser de côté la qualité pure des commentaires durant le combat.

Toutefois, quelques points noirs ont pu être soulevés. Outre toujours un problème de dynamisme côté Dofus, un manque de vision du jeu intra-équipe a été noté. De plus, la fin de la finale a globalement semblé abrupte. En effet, peu de temps fut accordé au bavardage habituel avec les équipes, Poliabyss quittant d’ailleurs sans retour la scène.

Il y a eu les reproches sur le peu de mise en avant des joueurs ou le manque d’interview à la fin, notamment de Poliabyss. Ce n’était pas vraiment notre volonté, mais nous avions construit la chose ainsi. C’était notre première et il fallait faire par étapes. Nous ne maîtrisions pas tous les points.

Midl

La production reste tout de même impressionnante pour Dofus, rivalisant les grands moyens déployés à l’époque par Ankama. Entre le Nozathon et les Masters, SMIZ réussit un challenge assez ambitieux à son échelle, ouvrant de grandes possibilités pour de futurs événements.

Les enjeux du retour du PvP de Dofus en présentiel

Tout d’abord, il est bon de rappeler que l’événement n’est pas directement mis en place par Ankama, mais par un intervenant externe, SMIZ. C’est une première pour les organisations d’événements physiques pour Dofus, sans pour autant être une passe d’armes complète. En effet, Ankama reste en étroite relation, que ce soit par la présence directe de membres de l’équipe sur place ou un soutien direct des infrastructures (serveur tournoi par exemple).

En quelque sorte, l’entreprise n’est jamais partie et continue à soutenir le PvP sur son jeu, aux côtés du KTA menant les opérations. Une évolution montrant l’intérêt encore présent aujourd’hui de proposer de l’esport, avec un intérêt sans doute renforcé après la LAN. L’investissement de SMIZ ouvre des possibilités conjointes du projet sur Dofus autour du PvP.

On sent beaucoup plus une volonté de faire que « ça marche », plutôt que « ça existe ». Il est encore tôt pour prendre du recul mais l’on est positif sur l’évolution du PvP compétitif sur Dofus.

Midl

En effet, si l’idée persiste chez les joueurs, un retour d’Ankama en tant qu’organisateur reste peu probable en dehors de one-off (Goultarminator sur serveurs Rétro par exemple). La Dofus Cup 2019 ne fut pas convaincante, étant même partiellement proposée par le KTA. Pire, le tournoi n’avait finalement pas attiré, normalisé à ce que pouvait faire la structure encore jeune.

On ne pense pas encore être à la place qu’avaient les Dofus World Series dans l’esprit des joueurs, 3 ans plus tôt. [..] Cela commence à y ressembler et on est content que quand l’aspect Tournois Dofus est abordé, le KTA est associé.

Shax

Accès au public et professionnalisation

Néanmoins, cette confiance dans l’esport Dofus en 2021 doit pouvoir se pérenniser à très long terme. La professionnalisation est pour l’instant inaccessible pour le KTA, restant dans un milieu « semi-pro » dans les compétitions proposées. La structure est sur une bonne voie, réussissant à proposer pour la première fois un circuit externe à Ankama, mais la problématique reste.

A chaud, j’ai un petit regret sur le format des poules. Il fonctionnerait énormément sur des équipes pro, qui gagneraient un pécule quoi qu’il arrive. Si on avait 100.000€ de cashprize, on aurait la possibilité de tout faire correctement. […. ] On va essayer de régler ce problème au mieux l’année prochaine, mais on ne peut garantir de solutions.

Midl

Cet entre-deux impose ainsi de nombreuses restrictions sur la tenue de matchs en semaine souligne Shax, empêchant par exemple des BO5 tout le long de la compétition. Il n’est aussi pas possible d’obliger des équipes à continuer, comme ce fut le cas d’Octarine « On ne peut pas les blâmer. Ce n’est cool pour personne mais au fond qu’ils abandonnent ou perdent tous les matchs, l’enjeu serait le même. ». Face aux limites de la scène Dofus, SMIZ devra non seulement réussir à étendre sa base communautaire, tout en cherchant de nouvelles opportunités de se développer via des sponsors, comme Ynov Campus.

Le KTA : Et après ?

La LAN était donc une épreuve de mise en place pour SMIZ et un pas important pour l’esprit compétitif sur Dofus. L’organisation a pu se passer sans accrocs majeurs avec des joueurs globalement contentés côté PvP. Cependant, elle fut aussi un pivot pour l’ouverture sur des sponsors externes et la mise en avant, à la fois de la structure et du MMO.

L’enjeu majeur à dégager est ici évidemment celle de l’extension des deux projets. Se développer sur d’autres jeux ne semble pas être une priorité pour le KTA, l’objectif restant de proposer du contenu pour Dofus 2. Pour rappel, l’entreprise reste constituée officiellement de seulement Shax et Midl. Un éparpillement (sur Rétro par exemple) ne serait ainsi pas « viable sur le long terme » selon ce dernier.

Les joueurs de Rétro pourront toutefois retrouver du PvP sur Temporis avec un retour éphémère du Goultarminator, sans intervention du KTA cependant.

SMIZ est un projet assez unique, ayant finalement pris un cap inattendu assez tôt après ses débuts. Avec cette LAN, le projet montre une nouvelle fois qu’il est encore capable d’innover tout en faisant vivre l’esport Dofus, via ses pôles PvP ou PvM. L’événement a permis de faire franchir une nouvelle étape dans le système de production, en s’étendant au-delà de ce qui est proposé.

Dofus, nid ou boulet ?

Cependant, qui dit Dofus, dit aussi retour des mêmes problématiques qu’à l’époque des DWS. Le KTA a su s’imposer dans la communauté PvP. S’il touche aussi maintenant un cercle plus large, son expansion ne sera pas éternelle et touchera vite la limite générale du jeu. On peut se questionner sur les réelles possibilités dans ce qui reste une niche et demandera un challenge considérable pour continuer à y faire vivre l’esport via de nouveaux investisseurs.

En se liant à Dofus, la structure s’expose fortement aux aléas de son évolution, ainsi que sa nature en elle-même. Encore et toujours, le dynamisme et son attrait moins évident font défaut à toute tentative d’élargir les horizons, que ce soit en général ou pour le PvP. Il faudra espérer que le portage Unity puisse corriger ces tords en révisant des fonctionnalités essentielles.

Dofus 2 Unity sera un vrai vent de fraîcheur pour le jeu. Pour moi, je pense qu’il faut qu’on améliore au maximum le KTA jusqu’à l’arrivée d’Unity et après, c’est jackpot. Il y aura une nouvelle hype sur Dofus, j’en suis certain.

Shax

Conclusion

Pour conclure, malgré les challenges techniques et conceptuels à relever, la LAN a une nouvelle fois montré les capacités du KTA face à une situation bien particulière dans l’univers de l’esport. SMIZ essaie de pérenniser un concept dont a besoin Dofus pour espérer voir continuer sa scène PvP. Dès lors, les annonces pour les évolutions de la structure en 2022, côté KTV et compétition, seront à suivre. Elle participe également à la tenue de l’Ultime Bataille, événement Ankama de fin d’année pour promouvoir la refonte des cités Bonta et Brakmar.


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