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Test de Star Ocean: The Divine Force, un JRPG qui n’évolue pas

Renouveau de la série ou simple hommage, c'est sur Aster IV que le futur se joue.

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En 2021, la saga de JRPG Star Ocean fêtait ses 25 ans, l’occasion pour Square Enix d’annoncer le développement d’un nouvel opus. Toujours géré par tri-Ace, la série doit à nouveau prouver qu’elle peut rivaliser avec ses concurrents, après un cinquième titre reçu tièdement par les joueurs et la critique. Star Ocean: The Divine Force a donc pour objectif de redorer le blason de la franchise auprès des fans et marquer les esprits avec un jeu aux dimensions épiques.

Ce test de Star Ocean: The Divine Force a été réalisé sur PC avec une version fournie par l’éditeur. L’histoire a été faite avec Laeticia comme personnage principal.

Le jeu est toujours profondément ancré à ses racines, évoluant une nouvelle fois dans le genre du JRPG. S’il propose deux protagonistes aux histoires qui s’entremêlent, le fond est déjà-vu. Exploration, donjons, grinding, système de combat dynamique avec pause stratégique ou encore arbre de compétences, on mélange du neuf avec du vieux sans trop se mouiller.

Une mise en scène qui peine à démarrer

Star Ocean: The Divine Force présente une histoire unique à chaque personnage. Introduits de manière diamétralement opposés, ils finiront par partager une aventure qui les verra lutter et avancer dans la même direction. Avant que leur destin ne les sépare une nouvelle fois dans une conclusion bien différente. Et si Raymond a le droit à une introduction qui prend son temps pour poser les bases, Laeticia est directement plongée au cœur de l’action. Un choix qui force la narration à ralentir dès la fin du tutoriel, afin que la princesse du royaume d’Aucerius puisse elle aussi comprendre un peu mieux cet univers.

Et c’est au travers de longs dialogues que cela se passe, permettant à Laeticia et Raymond de mieux se connaitre et d’en découvrir plus sur leur passé respectif. Si le tout est entrecoupé de combats et de rencontres qui viennent renforcer l’équipe, l’histoire met bien quelques heures avant de véritablement se lancer. Cela peut paraître peu face à la quarantaine, voire cinquantaine d’heures nécessaires, mais le récit en souffre énormément.

Un scénario malgré tout plein de potentiel qui voit se confronter deux univers bien différents. D’un côté Raymond et ses alliés, profitant d’une technologie de pointe leur permettant de voyager dans l’immensité galactique, et de l’autre Laeticia et sa terre encore en plein essor. Cela permet de justifier partiellement la longue aventure qui nous mène dans différentes régions, mais offre surtout l’occasion de confronter deux civilisations. Ainsi, à travers le point de vue de la princesse, on apprend à comprendre le monde de Raymond et ses pairs.

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La première rencontre entre Laeticia et D.U.M.A. souligne la curiosité de la jeune femme pour la technologie

Briser l’immersion avant même qu’elle ne commence

Malheureusement, et très probablement pour les besoins du scénario, c’est un détail qui est rapidement mis à la trappe. La barrière des langues n’existe pas, Laeticia est capable de se servir de la technologie de Raymond, et ne s’inquiète pas plus que cela lorsque ce dernier reçoit un appel. Il y aurait pourtant de quoi hurler ou se méfier lorsqu’une voix inconnue sort de nulle part. Mais il faut croire que tout cela n’est pas bien important lorsqu’un royaume tout entier est en danger.

L’avantage de prendre autant de temps à installer son histoire, c’est que l’introduction n’oublie rien et présente la globalité de ses possibilités. Des simples quêtes annexes aux dialogues d’affinité, en passant par l’exploration, tout est passé en revu. Parfois de manière agréable, comme la première vraie discussion entre les deux protagonistes, permettant d’en apprendre plus sur eux, leurs motivations et leur passé, et parfois de manière très brutale et extradiégétique.

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L’un des très nombreux tutos présents en jeu

Une fois la première scène cinématique terminée, Star Ocean: The Divine Force marque déjà la pause. Même pas le temps de prendre la manette en main, qu’un premier menu nous explique déjà ce qu’il faut faire. Pas très glorieux lorsque ladite cinématique met également en avant des visages fixes et inexpressifs. Et ces interruptions brutales sont fréquentes lors des premières heures. Grand classique de ces jeux japonais, une avalanche d’informations nous est servie en très peu de temps. Un mal nécessaire pour ne pas perdre le joueur, mais qui reste problématique. Outre le fait d’être invasif et irritant, ces pop-ups n’aident pas à entrer dans l’histoire.

Les symptômes d’un manque d’évolution

Et ce problème se retrouve tout au long du jeu, et particulièrement dans les menus. En plus d’être particulièrement plats et sans âme, il y en a trop. De tous les côtés, pour tout et n’importe quoi, tout doit se faire absolument dans un menu dédié. S’il semble évident qu’il en faut quelques uns pour des fonctionnalités clés comme les compétences ou l’équipement, l’abondance de ces derniers en jeu a de quoi donner des maux de têtes. D’autant que chacun renferme encore des sous-menus exploitables pour des actions un peu plus précises.

C’est l’un des gros points noirs de Star Ocean: The Divine Force. Il se veut un titre ambitieux qui cherche à renouer avec sa communauté tout en faisant les yeux doux à de potentiels intéressés. L’univers entier de ce jeu transpire le JRPG classique et lambda. On y retrouve les traditionnels moments d’humour absurdes, les jeunes femmes en tenues légères, ou Raymond, qui n’est ni plus ni moins que Cloud ayant troqué sa chevelure iconique pour une crinière longue et soyeuse.

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Raymond Lawrence, épéiste au chara design oubliable et amoureux des nuages

Mais il ne cherche jamais à faire plus que le strict minimum, se complaisant dans la forme la plus classique de son genre. Si l’on peut relever que Laeticia a droit à un traitement de faveur avec une véritable armure digne d’une chevalière, elle ne reste qu’une étincelle au milieu du néant. Ainsi, même si le jeu est assez agréable, il est difficile d’occulter la frustration de tout ce qu’il rate en ne voulant prendre aucun risque.

Des combats simples, mais efficaces

Heureusement, les phases de combat viennent remonter le niveau, en proposant un certain défi. Ces derniers se déroulent en temps réel, mais peuvent être mis en pause afin de fouiller son inventaire pour trouver de quoi renforcer son attaque, sa défense, ou se soigner. Sans être révolutionnaires, les combats sont plutôt réussis, en particulier grâce au système de PA (points d’action) et de combos. Les PA sont une ressource utilisées pour chaque action, lesquelles peuvent être attribuées à une même touche pour créer des combinaisons.

Les combats sont un excellent reflet de la progression des personnages, puisque c’est dans l’arbre de compétences que de nouveaux coups peuvent être appris pour étoffer les possibilités d’un héros. Et c’est aussi ici que l’on se retrouve de nouveau face à un menu indigeste et complexe pour pas grand chose. Les embranchements de cet arbre partent dans tous les sens, forçant le joueur à se spécialiser au début de son aventure. On y trouve de tout, mais sûrement pas de quoi s’y retrouver facilement. Compétences passives, actives, renforcement, résistance. Les personnages ne sont d’ailleurs pas les seuls à y avoir droit, puisque D.U.M.A., l’unité autonome qui nous accompagne, en profite aussi.

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L’arbre des compétences, un autre de ces menus insipides que l’on doit parcourir

Ce dernier vient étoffer le jeu en lui ajoutant une dimension verticale. Lors des combats, cela permet de se jeter dans la mêlée en blessant les ennemis sur le passage, foncer en piquer sur un adversaire, ou bien prendre de la hauteur pour attaquer un point précis sur les géants. Mais il est également utile lors de l’exploration de la planète, puisqu’il permet de s’envoler et planer pour atteindre des zones spécifiques.

Finalement, ce n’est qu’un JRPG

Formule désormais classique dans la majorité des productions d’envergure, Star Ocean: The Divine Force propose un monde semi-ouvert. Découpé en différentes zones et régions, l’espace est restreint, mais suffisant pour offrir un semblant de liberté. Seulement, le gameplay qui l’accompagne brise totalement ce sentiment. Si l’on peut s’envoler et planer quelques secondes, l’exploration se résume finalement à courir, sauter, briser quelques sculptures et ramasser tout ce qui brille pour remplir son inventaire et améliorer D.U.M.A.

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Aster IV est très belle, mais manque cruellement de détails et de vie

De plus, le jeu bloque pendant un long moment l’accès à certaines zones, afin que le joueur se concentre sur son histoire. Mais au final, il faudra les charger maintes et maintes fois pour pouvoir monter en niveau. Car il ne faudrait pas que l’aventure s’arrête trop vite. Un peu de grinding forcera le joueur à s’y investir quelques heures de plus. Un choix qui, finalement, dévoile un autre défaut du jeu, son optimisation sur PC. Chute de FPS, clipping, shaders qui se désinstallent entre deux sessions ne sont qu’une partie des problèmes de ce support.

Pour un jeu qui a l’ambition de relancer une saga, Star Ocean: The Divine Force est très sage. Le studio tri-Ace joue la carte de la prudence, ce qui joue finalement en leur défaveur. Fort d’une histoire poignante à géométrie variable, le titre peine à proposer une expérience qui sorte de l’ordinaire. Ce ton très académique aurait pu être efficace s’il était mieux maîtrisé ou détourné, ce qui rend l’expérience frustrante, voire triste.

Le bilan du test de Star Ocean: The Divine Force

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Un JRPG qui ne prend aucun risque et ne se démarque pas

Il devait être l’épisode de la rédemption, celui que les fans attendaient, mais au final Star Ocean: The Divine Force n’est qu’un JRPG de plus. Il saura ravir ceux n’en ayant jamais assez, mais ne réussit pas à être aussi bon qu’il aurait pu l’être. Une partie exploration limitée, des menus à foison, et un grinding intensif. Si l’histoire et les combats peuvent en valoir le coût, le jeu n’arrive jamais à dépasser son genre pour proposer une expérience nouvelle et rafraîchissante.

Les points forts

  • Un jeu très joli dans l’ensemble…
  • Le système de combat très dynamique malgré l’aspect stratégique
  • L’ensemble du casting est assez attachant

Les points faibles

  • … Mais qui souffre de visages fixes
  • Des performances passables sur PC
  • Le grinding à outrance est usant
  • Des menus et sous-menus chargés et indigestes

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